Le tournant professionnel que je vais vivre dans quelques semaines s'accompagnera d'une mue de ce blog.

En attendant sa refonte graphique (Guillaume, si tu me lis...) je réfléchis à ce nouveau style : choix des sujets, façon de défendre mes engagements en maintenant l'étanchéité entre vie professionnelle et liberté d'expression publique, en résumé un style moins homme public qu'acteur du service public.

Ce qui ne changera pas, c'est ma conviction de la place essentielle de la culture dans une société qui, comme le dit Danièle Sallenave ici et , "ne croit plus à la force de l'art, des mots, de la pensée dans les livres. Ce qu'on appelle 'culture' aujourd'hui ? Le patrimoine, son exploitation commerciale et touristique. Ce n'est pas de cela que chacun a besoin. Mais d'une rencontre singulière et profonde avec des oeuvres qui vont changer sa vie.. Chacun quel qu'il soit, quelle que soit sa place dans la société."

Mes dernières semaines ont été riches en émotions de ce genre. Et notamment, grâce à des artistes liés à Arras.

Ce sont les musiciens du Sylvie Reynaert Quartet, en majorité professeurs au Conservatoire d'Arras, qui nous ont offert un programme "Auround West Side", version très jazzy et décoiffante de Bernstein.

C'est la jeune compagnie Plastilina, avec une mise en scène très généreuse et pleine d'énergie de "l'histoire du tigre" de Dario Fo.

C'est enfin la découverte de l'écriture d'Eric Laurrent, brillante, baroque, mais surtout d'un style inimitable.
Qui d'autre que lui, décrirait ainsi un banal bassin de piscine "uniment revêtu d'un enduit bleuté, bordé d'une doucine de comblanchien blond..". La phrase entière fait 2 pages.

Je recommande absolument aux amoureux du style que n'effraient pas l'absence d'histoire et les digressions parfois déroutantes.