Il n'y a que les sondeurs et les commentateurs de plateau télé qui ont découvert Dimanche la persistance et l'amplification d'un vote d'extrême droite en France.

Mais les explications données à gauche (le rejet de Sarkozy) comme à droite (la crise) nient la transformation d'un mouvement de colère en un vote d'adhésion qui se nourrit de tous les manquements de la classe dirigeante, politique comme économique : promesses non tenues ("travailler plus pour gagner plus"), République tout sauf irréprochable (il n'est qu'à regarder les 29% de Le Pen à Liévin), discours technocratiques et inintelligibles...

L'extrême droite a prospéré non seulement de ne pas avoir été combattue pied à pied mais, bien plus grave, d'avoir été singée par le pouvoir en place.

Pendant 5 ans, les barrières sont tombées une à une, du triste débat sur l"identité nationale au sinistre discours de Grenoble et bien loin d'assécher le FN, on l'a en réalité banalisé et déculpabilisé l'adhésion à ses propositions.

Et Alain Juppé ne pourrait plus affirmer comme dans les années 90 "Entre eux et nous, il y aura toujours la croix de Lorraine", tant les références politiques ont évolué, y compris dans les nouvelles générations UMP.

Aux Républicains, il ne reste plus le choix : il faut combattre le FN en montrant la réalité de son programme (seul Jean-Luc Mélenchon s'y est véritablement attaché dans cette élection), de ses élus (nous sommes bien placés pour le faire à Arras...)

Avec un FN qui pourrait - avec les projections de Dimanche - se maintenir potentiellement dans 353 circonscriptions aux législatives et qui ambitionne de devenir chef de file de l'opposition, cela demandera du courage et des sacrifices politiques.

Cela passera aussi certainement par des recompositions politiques.
A titre personnel, j'y suis prêt !