Je vous dois une confession !
Jusqu'à ce livre, je ne savais pas grand chose de Britney Spears et, c'est déjà plus fâcheux, à peine davantage de Jean Rolin.

C'est guidé par l'enthousiasme communicatif de Nelly Kapriélan des Inrocks que je me suis plongé dans ce roman joyeusement foutraque, irrésistiblement loufoque et surtout divinement écrit.

L'histoire est étonnante - un agent mandaté par les services secrets français enquête à Los Angeles sur les menaces d'enlèvement de Britney Spears par un groupuscule islamiste - mais au fond, elle n'a aucune espèce d'importance.

Les pérégrinations de cet agent, aussi maladroit que baroque, sont le prétexte à une errance poétique dans cette ville où les bus roulent 24h s/24, ce qui plaît tant à l'auteur :"J'ai toujours eu un faible pour tout ce qui assure un service continu, tout ce qui préserve au coeur de la nuit une forme quelconque de vie, qu'il s'agisse d'un bar ou d'une chapelle consacrée à l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, même si j'ai fréquenté les premiers, il faut en convenir, plus assidument que les secondes."

Car le promeneur Jean Rolin n'est jamais caché loin derrière ce personnage attachant.

Comme dans ce cri du coeur de Wendy, une prostituée rencontrée lors du vernissage d'une boule blanche qu'un artiste italien a collé sur le toît d'un hôtel et qui s'allume,en toute simplicité (c'est Los Angeles !) quand l'artiste est en ville et s'éteint quand il est éloigné : "La littérature, c'est tout de même autre chose que cette boule blanche..."