Souvent, je lis un crayon à la main, pour conserver des impressions, retenir une citation, une formule.

Pas possible avec Hélène Gestern !
J'ai été happé dès la première phrase "La photographie a fixé pour toujours trois silhouettes en plein soleil, deux hommes et une femme", pris par la tension qui s'installe d'emblée dans ce roman empruntant aux codes et au rythme du suspense policier.

Hélène a perdu sa mère quand elle avait 3 ans. Elle retrouve, dans des papiers de famille, cette photo qui l'intrigue. Comme une bouteille à la mer, elle la publie dans Libération. Stéphane, chercheur expatrié à Ashford croit reconnaître son père parmi les deux hommes.

De ce premier contact, naît une formidable aventure épistolaire - lettres, mails, sms - rythmée par la découverte d'indices, d'autres photos, qui viendront peu à peu compléter le puzzle d'un passé inconnu et tisser entre les deux protagonistes une histoire d'aujourd'hui à superposer aux silences d'hier.

L'histoire va s'écrire en 12 photos, autant d'étapes d'un parcours qui s'apparente à un chemin de croix pour la narratrice, Hélène, décidée à affronter cette histoire qui lui a été cachée, ces morceaux de vie qui lui manquent.

Voici un premier roman plein de finesse, d'intelligence, de vivacité.
Et d'espoir malgré le passé douloureux que vont remuer nos deux correspondants, parce que "Une fois né, l'amour, quelle que soit la destinée qu'on lui réserve, est irrévocable."

Comme le plaisir pris à la lecture de ce magnifique texte !