Allain Leprest s'en est allé cette nuit, après une longue lutte contre la maladie et contre ses démons.

Je l'aimais profondément. Je l'ai vu 4 fois sur scène, chaque fois aussi émouvante et j'écrivais ceci en mars 2008 après son concert parisien : Bouleversant ? Généreux ? Funambule, fragile comme la vie, chancelant comme son coeur, énorme, qui bat dans chacun de ses mots ? Comment parler de Leprest en concert ?

Il faudrait ses mots à lui, dire simplement comment "il pleut sur la mer, quand les nuages indiens vident leur carquois et que c'est l'été comanche sur la Manche", parler pour les humbles et les trop sensibles, réciter le "Je ne te salue pas" de ce prêtre défroqué.. ou plutôt, ne rien dire et se laisser entraîner dans une dernière "Valse pour rien".

C'était hier soir, au Bataclan, un de ces moments uniques qui vous aident à vivre debout pour des années. Le plus humain des artistes et le plus poète des hommes, entouré des amis de Chez Leprest et du vieux complice Romain Didier.


Je le pleure, comme mon ami Jean-Jacques et sans doute tous ceux de Di Dou Da, qui lui avaient consacré une magnifique soirée en 2008.

Adieu, compagnon des jours moroses comme des soirées joyeuses. Tu vas sacrément nous manquer !