Elle dit bien l'air du temps cette expression qui traduit la nécessité d'une adaptation toujours plus rapide, dans l'entreprise, dans la société ("il faut changer le logiciel de l'immigration" - Le Monde 24/9), dans notre vie même, pauvres êtres lents et regretteurs d'hier que nous sommes.

On le garderait pourtant bien encore un peu notre vieux logiciel, et même notre agenda papier, juste pour avoir le plaisir d'en commander un nouveau fin novembre et de balayer avec un brin de nostalgie la cinquantaine de semaines qui viennent de s'écouler.

Ou alors, il faudrait faire comme la narratrice de Pauline Klein dans Alice Kahn qui invente un personnage qui elle-même invente des vies comme autant de poupées gigognes pour avoir l'impression de vivre plus de choses à la fois.

Et puis, quand même, parfois le disque se raye, l'histoire bégaie, on se dit que revivre 2012 avec les mêmes qu'en 2007 - Royal, Sarkozy, Bayrou - tiercé des choix par défaut, c'est juste pas possible et qu'il est sacrément temps de le changer, ce foutu logiciel !