De Jean-Louis Ezine qui défend le dernier roman d'Echenoz dans le Nouvel Obs :
Des "Vies imaginaires", Colette écrivit à Marcel Schwob qu'elles lui donnaient des picotements dans les mollets. Le même symptôme chatouille à la lecture de "Courir". Tu ne connais pas ça, insistait Colette, qu'on ressent en lisant quelque chose qui vous plaît trop ?

Force de la supplique pour réédition que lance Dominique A dans sa chronique pour TGV Magazine.
"Barbara", roman de Jorgen-Frantz Jacobsen, traduit en France en 1941 n'a connu de réédition qu'en 1983 chez Actes Sud et il est aujourd'hui épuisé. A quoi bon en parler alors, interroge le plus littéraire de nos chanteurs ? Peut-être précisément, parce qu'il n'est plus disponible, ce qui nous change de tous les livres qui le sont, et le font savoir à cor et à cri sur les présentoirs des librairies accaparés par la littérature de l'instant.

Bonheur de lecteur de voir mes 3 enfants fureter avec gourmandise dans les rayons de la médiathèque Verlaine à l'occasion de "Lire en fête" hier.

Plus que les picotements dans les mollets dont parle Colette, je ressens le mélange de plénitude et de mélancolie symptomatique de la fin d'un livre aimé.
"Tours et détours de la mauvaise fille" de Vargas Llosa fait partie de ces livres rares, dont on voudrait voir la lecture ne jamais se finir tant ils vous tiennent en joie, en haleine ou l'esprit ouvert.
Et c'est aussi l'un de ces livres qui inhibent toute vélléité de se mettre un jour soi-même devant la page blanche.
Comment, pourquoi ajouter nos mots à ceux qu'un autre vous-même a su trouver si bien pour vous ?

* Merci à Julien Gracq pour le titre...