A qui fera-t-on croire que des milliers de jeunes sont allés dans la rue pour le seul retrait d’une mesure mal expliquée ?

Qu’ils ont vraiment pensé qu’une période probatoire de deux ans serait pire que l’enchaînement de stages, intérim et CDD sur la même période ?
Qu’ils ne savent pas que le licenciement non motivé est déjà la règle aujourd’hui (sans compter les démissions pour harcèlement moral, les pseudos-licenciements économiques) ?

Il faut accepter de regarder la vérité en face:
une partie de la France a dit NON à l’évolution de l’économie et des pratiques sociales , comme elle avait dit NON à l’évolution européenne en mai 2005 et comme elle avait dit NON à la classe politique en avril 2002.

Cette capacité du peuple à dire NON serait plutôt rassurante pour un néo-gaulliste.

Mais cette France qui refuse est aussi celle des jeunes qualifiés qui rêvent de quitter leur pays pour réussir à l’étranger, celle des autres qui rêvent aux 2/3 de devenir fonctionnaires suivant ainsi les vœux de leurs parents, celle qui possède ¼ des étudiants européens en psychologie.. sans débouchés et 45.000 étudiants en filière STAPS .. pour 415 postes de professeurs de sport offerts par an,
le seul pays au monde, enfin, à refuser l'économie de marché !

A force de cultiver notre exception, le constat de la prochaine élection présidentielle ne sera plus, comme le dit Claude Imbert , celui du fossé entre le pouvoir et l’opinion mais entre la France et les autres démocraties.