Microblogger, est-ce encore écrire ?

Il y a 4 ans 1/2 (oui, déjà tout ça que je m'accroche à vous raconter ma vie) , pour un des tous premiers billets de ce blog, j'écrivais ceci :

Peut-être n’ai je pas encore intégré le rythme du blog, son écriture rapide sans recherche de style, qui ouvre sur des questions plutôt que sur des réponses.

Il faudrait pouvoir écrire comme Félix Fénéon et ses Nouvelles en trois lignes, lues ce week-end.

Deux perles, petits instantanés d’actualité de l’époque...et d’humour :

« Les socialistes stéphanois se prononcent contre le cumul. C’est dire à M.Ledin, député, de ne pas rester maire. »
« A Trianon, un visiteur s’est dévêtu et s’est couché dans le lit impérial. On conteste qu’il soit, comme il le dit, Napoléon IV. »

Quelques centaines de billets plus tard et quelques sauts technologiques plus loin, nous y sommes : aujourd'hui pour une impression en direct du concert de Placebo ou une réaction à chaud à la défaite du FN à Hénin-Beaumont, je suis passé comme beaucoup au live et au microblogging : un téléphone, une centaine de caractères sur facebook ou twitter pour partager avec sa communauté une impression ou des images.

Même constat qu'après les premiers mois du blogging traditionnel : plus les quelques mots sont dans l'émotionnel, le polémique, plus les réactions sont nombreuses et au final, la communauté qui vous suit se resserre assez vite à un noyau dur d'initiés.

Et même question toujours sur ces phénomènes : quelle trace tout cela laissera-t-il ? combien de statuts inventifs, de merveilles de poésie ou d'humour sont aussitôt recouvertes d'une actualité ou d'une trouvaille plus récente ? Et si Fénéon, Matzneff ou Léautaud, pour ne citer que quelques diaristes géniaux, avaient consacré leur énergie et leur talent à ces modes d'expression, quelle part de leur oeuvre serait venue à nous ?

Au-delà, cette immédiateté dans l'expression de nos réactions, de nos sentiments n'est-elle pas porteuse d'une dérive dangereuse; j'ai ainsi été troublé de constater, lors de récents jurys de concours de grande école, que la notion d'actualité se restreignait de plus en plus à la dernière info (à la question "qu'avez-vous retenu dans l'actualité des 6 derniers mois ?", TOUS les candidats m'ont répondu le crash du Rio-Paris qui avit eu lieu la veille...).

Mais je suis sans doute un peu pénible et en tout cas déjà beaucoup trop long à l'ère du message en 140 mots...

Remanions

Je n'attendais rien de particulier de ce remaniement mais il amène deux bonnes nouvelles : le maintien de Dominique Bussereau à qui je reste très attaché et l'arrivée de Benoist Apparu, un jeune élu, avec qui j'ai fait mes classes au RPR, un vrai militant, un parcours exemplaire.. vraiment content pour lui.

Une déception de ne pas retrouver Dominique Perben qui aurait été fort utile pour la réforme territoriale...

Chantons !!

Presqu'un mois d'absence.. pas très bon en marketing pour fidéliser mon lectorat !!

Et des tas de sujets que je délaisse, préférant la vie (Venise, Bruxelles, le lancement de la saison du théâtre, Dominique A à Paris) et subissant la tyrannie du temps qui passe toujours trop vite.

Mais il est sur ce blog des marronniers qui sont des rendez-vous avec l'amitié et le plaisir : ainsi la Faites de la chanson, temps fort des amoureux de la chanson française, orchestré par mes amis Jean-Jacques et Christian.

Lancement triomphal hier avec une salle pleine à craquer pour le merveilleux Laurent Viel.

Je vous en offre un extrait..à condition de vous retrouver cette semaine, pour une boîte à chansons ou le concert de Jean Guidoni par exemple.

Un peu de ce qui se lit ici

Guillaume m'envoie un texte intéressant du blogueur T.Crouzet à propos de Quitterie Delmas, égérie des blogs pro-Bayrou.. et même des autres, pendant la campagne présidentielle. J'ai partagé plusieurs déjeuners avec elle et je retrouve ensemble le côté touchant et les limites de son idéalisme.

Je crois à sa sincérité y compris dans ses doutes et ses erreurs et il est suffisamment rare en politique de refuser honneurs et prébendes pour porter intérêt à ce qu'elle dit.

Tout autre est le magnifique texte d'Eric-Emmanuel Schmitt "Le flou émollient du Dimanche matin" dans le JDD.. à relire tous les Dimanche soirs !

Je vous le recopie ici : " Le dimanche, à la différence des autres jours de la semaine, est un jour qui ne commence pas d'une manière nette. Aucun réveille-matin ne l'inaugure, le long sommeil parsemé de rêves successifs rend son début incertain, le silence de la ville entoure mon corps d'un flou émollient. Avec la mode du brunch, je perds davantage de repères. Chaque dimanche, cinquante-deux fois par an, lorsque je regarde ma montre, je me demande, déconcerté, par cette étrangère inconhérente, si nous ne sommes pas un de ces deux dimanches où l'on change d'heure. La suite manque également de formes précises : promenades, lectures, séances de cinéma, rencontres amicales, toutes les activités dominicales se nimbent d'évasion, invitent à la méditation. Seul le dimanche soir a de la consistance; douloureux, distillant sa propre nostalgie, il sonne son glas et me serre la gorge : il précède le lundi matin. Bref, le dimanche est un jour qui commence confus mais finit brutalement. Comme la vie elle-même ? "

Au rayon des lectures plus traditionnelles, avoir relu avec délectation "Vingt ans après" de Dumas (conseil avisé de Matzneff) m'a donné envie de creuser la période et d'entamer une fascinante biographie de Mazarin.

Un peu de ce qui s'écoute ici

Eblouissant "labyrinthe Ligeti" hier soir à l'Opéra de Lille, par l'ensemble Ictus et la chapelle musicale Reine Elisabeth.

Un parcours dans les espaces de l'Opéra au service de la variété de l'oeuvre de Ligeti.

L'occasion de croiser et de retrouver avec plaisir quelques amis arrageois et lillois, dont Vincent lecteur fidèle que je salue.

Je vous offre le 3ème mouvement du Kammerkonzert (hélas pas trouvé par Ictus).. bon week-end !

Lumières et ombres

Feu et lumières, c'et le titre de l'exposition Bonaparte et l'Egypte inaugurée en grandes pompes ce vendredi au musée d'Arras.

La plus belle exposition jamais vue à Arras si j'en crois le discours du Maire..
Si la "beauté" est évidemment une notion subjective (Les expositions d'Ousmane Sow ou "Rubens contre Poussin", dans un passé récent, ont aussi donné à voir des oeuvres uniques), c'est assurément les plus grands moyens de communication jamais déployés pour un événement culturel à Arras.. à croire d'ailleurs que c'est la communication qui fait l'événement, plutôt que la confrontation artistique.. ou le travail des équipes du musée et des services techniques tristement oubliées dans les discours de circonstance.

Contraste saisissant en tout cas avec un autre rendez-vous, le lendemain, à l'école supérieure des métiers d'art, pour la remise des diplômes des étudiants de dernière année.
Ambiance de veillée funèbre dans un outil qui vient juste d'être magnifiquement rénové, sentiment de gâchis immense comme l'a dit Bernard Quandalle, pilier infatigable du projet qui déplora avec la poignée d'irréductibles attachés à l'école que des réflexes à courte vue (c'est de l'argent qui ne va pas dans nos communes mais à des étudiants qui ne sont même pas d'Arras !!) aient conduit à une décision aussi rapide que brutale. Et qui n'est pas sans paradoxe : ces communes qui réclament l'argent pour rénover leurs églises ou leurs bâtiments communaux, où trouveront-elles demain les sculpteurs ou les spécialistes du vitrail dont la formation arrageoise était reconnue dans la France entière.

Comment enfin ne pas s'interroger dans cet étrange face à face : une part des millions dépensés dans ce qui reste une exposition temporaire n'auraient-ils pas trouvé un emploi utile pour sauver une formation qui rayonne sur le territoire et offre des perspectives à de jeunes artistes bien vivants.. tout est-il perdu ?
Quelques optimistes pensent encore pouvoir sauver la formation au vitrail en l'adossant à l'université via une licence professionnelle.

Ce serait un beau symbole, en octobre, quand fermera l'exposition Bonaparte de voir une partie de cette école pérennisée !

Un 1er mai traditionnel

Tradition du salon du livre d'expression populaire et de critique sociale à Arras, un moment militant, revendicatif tout en étant festif et culturel.

Trouvé quelques trésors chez les bouquinistes (une bio de Tourguéniev par A.Maurois, Les romans libertins du XVIII° en collection Bouquins et les "Lana Caprina" de Casanova chez Allia).
Trouvé aussi le traditionnel "esprit éclairé" qui m'interpelle : et alors, qu'est-ce que vous faites-là, vous l'UMP, dans un salon du livre de gauche... pauvre imbécile !

Outre que j'ai soutenu la naissance de cette manifestation pour son utilité culturelle, rien ne m'exaspére plus que d'être réduit à une étiquette collective; je n'ai pas l'esprit de parti..encore moins de fans-clubs qu'ils deviennent, cela m'a sans doute manqué, mais ce n'est pas aujourd'hui que ça me viendra !

Et puis, faut-il mal me connaître pour croire que je suis en tout point en phase avec ce qui se passe aujourd'hui, que je souscris aux attaques répétées contre ceux qui pensent, chercheurs, universitaires, artistes, praticiens hospitaliers.. sans parler de la Princesse de Clèves et de la langue française régulièrement martyrisée.(Si y'en a que ça les démange d'augmenter les impôts - Ceux qui ont fait des études, on se demande c'est à quoi ça leur a servi - ..)

Oui, comme Mona Cholet je crois que le Président de la République incarne parfaitement une tendance lourde d'une société évoluant vers une sorte d'individualisme absolu, une "société casino" dans laquelle il n'y a plus aucun projet commun, dans laquelle il ne reste plus que des individus qui tentent leur chance. C'est une sorte de grande loterie. Et ça, ça ne peut pas faire une société viable. Comme l'avait bien anticipé Pasolini, cette société repose sur la télévision et la consommation. La télévision est une manière d'éradiquer complètement la culture propre des gens et de la remplacer par un imaginaire uniformisé. L'imaginaire sarkozyste propose aux électeurs de s'identifier au personnage de Sarkozy comme incarnation de la réussite et non comme représentant de la nation.

Oui, je me sens plus proche d'un Francis Marmande, chroniqueur culture du Monde qui affirme : L'inutile, l'art comme la musique, permet non seulement à la vie d'être plus vivable que la vie, mais l'inutilité de la littérature, décisive, pourrait à bon droit être tenue pour la condition vitale des sociétés.

A bientôt

Malgré les apparences, je n'ai pas abandonné le blog.. c'est juste la Livebox qui vient de me lâcher pour la 3ème fois (merci Orange !).

J'ai même plein d'idées de post qui attendent sagement sur quelques papiers griffonnés.

Dont certaines me sont venues à la lecture d'un hebdo original et qui renverse les discours sur le Net qui tue la presse : un hebdo au format insolite, dont les articles sont tous puisés dans des blogs.. une sorte d'agrégateur papier.. c'est bien fait, drôle, impertinent, c'est Vendredi.

Vers la littérature

Quinze jours déjà sans que je ne sois venu visiter mon blog.

Accaparé par mon évolution professionnelle bien sûr.
Mais aussi plongé depuis samedi dernier les Cahiers noirs 2007-2008 de G.Matzneff.

La file d'attente au bord du lit était pourtant déjà conséquente : Coetzee, Larbaud, Adrien Goetz patientent depuis des semaines..

Ma librairie arrageoise qui me fait de l'oeil, j'entre sans intention d'acheter si ce n'est peut-être la confession d'Alain Juppé... et je trouve et préfère Les Carnets. Depuis une semaine je me délecte de la langue et de l'érudition de Gab la Rafale.

Signe de mon basculement définitif de la politique vers la littérature ?

Où vont les vaisseaux maudits ?

J'ai parlé de lui plusieurs fois ici.

Pratiquement pas un jour où je n'écoute Fantaisie militaire ou Bleu pétrole.

J'ai vu l'un de ses derniers concerts à l'Elysée Montmartre, qu'il terminait par Angora.

Salut l'artiste, tu vas nous manquer !

Si j'étais...

député, je ne voterais pas la censure du gouvernement mardi prochain, mais je ne m'en interrogerais pas moins, avec Alain Juppé sur l'opportunité de franchir le dernier pas de réintégration dans l'OTAN. J'espèrerais des avancées de la défense européenne et je me demanderais toujours si ce dernier pas franchi ne nous aurait pas automatiquement conduit à suivre les américains en Irak.

maire d'Arras, je serais en colère du choix du FN de retenir Arras pour tenir sa convention, mais tout autant en colère contre ceux qui font de la basse récupération politicienne à ce sujet. Comme Jean-Marie Vanlerenberghe, mon comportement à l'égard de ce parti n'a jamais connu la moindre ambiguité; j'ai dit clairement que j'étais leur adversaire aux législatives de 2002, perdant ainsi des centaines de voix. Mais que les choses soient claires : tant que ce parti est légalement autorisé, et il l'est jusqu'à preuve du contraire, il n'y aucune raison de lui refuser l'accès d'une salle municipale. Le seul combat efficace contre le FN, c'est celui des idées et des élections, le reste n'est qu'agitation démagogique et indignation à deux sous.

Jacques Séguéla, je me regarderais dans un miroir en me demandant, dans un éclair de lucidité, comment je peux être aussi con d'affirmer que la réussite d'une vie tient dans la valeur d'une montre. Personnellement je n'ai pas de montre.. et surtout pas les mêmes critères d'une vie réussie.

Ainsi, en n'étant que moi, je passe une semaine de rêve, moment de transition entre deux métiers, qui me permet de profiter de ma famille, de me promener en vélo dans la campagne arrageoise, de lire Les Gogols de Xavier Tresvaux, cadeau de mes amis pour mon départ, de voir le dernier Clint Eastwood, Gran Torino, un plaidoyer sensible et intelligent pour la tolérance et l'ouverture à l'Autre.

Que demander de plus ?

Chronique des derniers jours

Derniers jours de ma vie de cabinet ministériel..

Il y a eu beaucoup d'amitié, de rires, de promesses de se revoir, de "tu nous laisses tes coordonnées".. rites d'une micro-société dans laquelle je devine déjà ceux qui dépasseront la distance géographique, l'éloignement du cercle commun pour garder une authentique relation.

Il y a eu aussi les beaux moments à l'extérieur : l'élégance ultime d'un Bashung plus grand et plus émouvant que jamais, une longue marche sur la plage du Touquet, un brouillard à ne pas même deviner la mer qui rugit près de nous, un soleil d'hiver qui s'épuise à nous éclairer et à nous réchauffer, une place de Stella-Plage digne d'un décor des frères Coen, la joie de retrouver la dune des vacances de mon enfance.

Il y a eu enfin Le noir est une couleur de Grisélidis Réal, un livre rare, dérangeant, bouleversant, noir mais tellement chargé d'espoir et d'envie de vivre.

Easy reader

La refonte du blog est en marche (merci Guillaume !), la vie continue de s'écouler et le commerce des livres continue de m'enchanter.

Lus, chacun en une soirée, deux volumes, minces mais moins légers qu'il n'y paraît.

Dans Seule Venise, Claudie Gallay met en scène des personnages désenchantés que rassemble Venise l'indicible, tour à tour sombre et lumineuse.

Florian Zeller dans Les amants du n'importe quoi tend un miroir très contemporain sur nos "Risibles amours" pour reprendre un titre de Kundera dont on ressent l'écho dans l'écriture de Zeller.

Les trois courts romans, ou trois longues nouvelles, de Valéry Larbaud, dans lesquels je suis désormais plongé sont plus denses.
Amants, heureux amants fouille la complexité de l'âme humaine et de ses masques, tout en sachant que "Nous avons beau faire, nous ne pouvons être absolument naturels, et nous n'avons pas grand avantage à l'être".

Mutation, convictions et émotions

Le tournant professionnel que je vais vivre dans quelques semaines s'accompagnera d'une mue de ce blog.

En attendant sa refonte graphique (Guillaume, si tu me lis...) je réfléchis à ce nouveau style : choix des sujets, façon de défendre mes engagements en maintenant l'étanchéité entre vie professionnelle et liberté d'expression publique, en résumé un style moins homme public qu'acteur du service public.

Ce qui ne changera pas, c'est ma conviction de la place essentielle de la culture dans une société qui, comme le dit Danièle Sallenave ici et , "ne croit plus à la force de l'art, des mots, de la pensée dans les livres. Ce qu'on appelle 'culture' aujourd'hui ? Le patrimoine, son exploitation commerciale et touristique. Ce n'est pas de cela que chacun a besoin. Mais d'une rencontre singulière et profonde avec des oeuvres qui vont changer sa vie.. Chacun quel qu'il soit, quelle que soit sa place dans la société."

Mes dernières semaines ont été riches en émotions de ce genre. Et notamment, grâce à des artistes liés à Arras.

Ce sont les musiciens du Sylvie Reynaert Quartet, en majorité professeurs au Conservatoire d'Arras, qui nous ont offert un programme "Auround West Side", version très jazzy et décoiffante de Bernstein.

C'est la jeune compagnie Plastilina, avec une mise en scène très généreuse et pleine d'énergie de "l'histoire du tigre" de Dario Fo.

C'est enfin la découverte de l'écriture d'Eric Laurrent, brillante, baroque, mais surtout d'un style inimitable.
Qui d'autre que lui, décrirait ainsi un banal bassin de piscine "uniment revêtu d'un enduit bleuté, bordé d'une doucine de comblanchien blond..". La phrase entière fait 2 pages.

Je recommande absolument aux amoureux du style que n'effraient pas l'absence d'histoire et les digressions parfois déroutantes.

Music-Hall

Pas beaucoup de temps pour écrire ici, encore moins pour aller au théâtre; c'est donc toujours un mini-événement pour moi !

Installé dans l'espace somptueux des Bouffes du Nord - on croirait un théâtre préservé de Pompéi - et la magie opère aussitôt.

Remontent à la surface mes images d'années étudiantes, abonné au théâtre de la Salamandre de Gildas Bourdet, des émotions particulières dans le théâtre Salengro : Kantor, Beckett..

Le texte de Jean-Luc Lagarce est dans cette veine : la rengaine quasi-obsessionnelle d'une artiste déclassée, portée avec élégance et profondeur par Fanny Ardant.

On peut ne pas aimer, être dérangé par cette écriture dépouillée, l'absence d'histoire, on n'en sort pas indifférent.

Vive le spectacle vivant !